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De sans-abri à star du skateboard

De sans-abri dans les rues d’Afrique du Sud à star du skateboard à Los Angeles: c’est l’histoire racontée par le documentaire I am Thalente, lauréat du prix du public au festival du cinéma de Los Angeles.

Véritable conte de fée moderne, ce film de Natalie Johns, présenté en première mondiale au LAFF, suit Thalente (qui signifie «talent» en zoulou) Biyela, charismatique adolescent qui a réussi à infléchir son destin grâce à sa passion pour le skateboard.

À neuf ans, il s’est retrouvé à vivre dans la rue pour échapper à un beau-père violent, dormant dans des coins de rue et à l’arrière d’un camion pick-up.

C’est aussi à cet âge qu’un ami lui a donné un skateboard et lui a ouvert la porte de ce qui est devenu une passion qui a changé sa vie.

L’autre grande rencontre de sa vie, c’est Tammy. Une jeune femme avec laquelle il s’est lié d’amitié et qui a accepté de l’héberger à un moment où sa vie devenait dangereuse, à cause de mauvaises rencontres.

Tammy est une amie de la réalisatrice. «Elle m’avait demandé de faire une vidéo pour aider Thalente à trouver des commanditaires de skate. La première fois que je lui ai parlé, j’ai été éblouie par sa philosophie de la vie et son attitude positive», a expliqué à l’AFP Natalie Johns lors d’un entretien à l’occasion du festival, qui s’est terminé jeudi.

Elle a alors eu l’idée de lui consacrer un film, tout en essayant de l’aider à s’en sortir et à faire s’épanouir son talent.

Croire en son talent

«D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été choquée par la disparité» entre les classes sociales en Afrique du Sud: «Nous avons un énorme problème d’enfants sans-abris dans le pays», a-t-elle souligné.

Sur les trois ans couverts par le documentaire, on suit Thalente qui apprend à lire, rencontre des skateboarders professionnels, se rend pour la première fois dans une compétition aux États-Unis. Et on le voit tour à tour glisser sur le bitume avec une aisance naturelle mais aussi, peiner, tomber, persévérer pour apprendre de nouvelles figures.

Aujourd’hui, Thalente a 21 ans, un sourire lumineux et vit à Los Angeles, il enseigne sa passion, est commandité par des marques de skateboard et raconte son histoire à travers les États-Unis et le monde lors de conférences.

Natalie Johns aimerait que son film montre qu’en aidant des enfants défavorisés à explorer leur talent, «que ce soit le skateboard, la musique, le sport, n’importe quoi», on peut leur donner la confiance nécessaire pour qu’ils se projettent dans l’avenir et s’en sortent.

La cinéaste a également voulu changer le regard sur ces enfants des rues.

Un objectif partagé par Thalente: «C’est facile de montrer les gens du doigt et dire “oh, c’est un drogué” ou “c’est un voleur ou une mauvaise personne”, mais vous ne savez pas comment il est devenu ainsi, ce que c’est que de dormir dehors, de ne pas savoir d’où va venir son prochain repas, où si on va se faire tuer pendant la nuit».

Ce qui l’a sauvé, lui? «Je me suis entouré des bonnes personnes» en fuyant la drogue, les gangs, contrairement à certains de ses amis. «J’essaie toujours de garder une attitude positive, de ne pas laisser les choses envahir mon esprit, de tout prendre un jour à la fois».

Il rend aussi hommage à la culture du skateboard, qu’il décrit comme «chaleureuse, accueillante».

Ses amis skateboarders l’ont encouragé et l’ont aidé à croire en son talent: ils sont «devenus ma famille».

«Quand on est sur une planche, peu importe d’où on vient, qui on est. C’est une communauté très forte. On est tout le temps ensemble. C’est très fraternel».

Il fait partie intégrante maintenant de cette communauté dans la Cité des anges, la capitale mondiale du skateboard.

«C’est plus important ici que n’importe où ailleurs dans le monde. Tout le monde est bon ici, c’est impressionnant».

Article source: http://fr.canoe.ca/hommes/forme/archives/2015/06/20150623-112200.html